
Moins d'un auto-entrepreneur sur deux a déclaré une activité réelle au premier semestre 2009, pour un montant moyen de 4.200 euros, ce qui relativise l'impact économique réel d'un statut surtout destiné à assurer un complément de revenus aux chômeurs, retraités ou étudiants.
Sur les 70.000 auto-entreprises créées au premier trimestre et qui devaient déclarer leur chiffre d'affaires semestriel fin juillet, si elles en avaient réalisé un, 30.000 ont effectué cette démarche, a révélé le secrétaire d'Etat aux PME, Hervé Novelli, dans un entretien au Parisien.
Selon M. Novelli, ces derniers ont déclaré des revenus globaux de 54 millions d'euros pour le premier trimestre et de 126 millions au deuxième, ce qui représente 4.200 euros de chiffre d'affaires par auto-entreprise au deuxième trimestre.
"Ce résultat s'explique par le fait qu'il faut un certain temps pour générer du chiffre", a-t-il expliqué, reconnaissant toutefois que "certaines sont peut-être aussi en sommeil ou saisonnières".
Depuis son lancement le 1er janvier, ce statut permet aux salariés, chômeurs, retraités ou étudiants de développer une activité à titre principal ou complémentaire pour augmenter leurs revenus, avec des démarches simplifiées et un régime fiscal avantageux.
Principal avantage: des impôts et cotisations sociales payés avec un taux forfaitaire unique et seulement sur la base du chiffre d'affaires effectivement réalisé. Un auto-entrepreneur sans activité n'a donc rien à déclarer et par conséquent rien à payer, ce qui a pu inciter de nombreux Français à s'inscrire sans nécessairement avoir de plans très précis ou viables.
Le statut a recueilli un très vif engouement, avec plus de 179.000 auto-entreprises enregistrées au 31 juillet, un résultat "au-delà des prévisions", a souligné M. Novelli, qui table désormais sur "300.000 auto-entrepreneurs déclarés" à la fin 2009, contre un objectif initial du gouvernement de 200.000.
"J'escompte que leur chiffre d'affaires global atteindra le milliard d'euros cette année", a souligné le secrétaire d'Etat.
Il faudra attendre pour pouvoir faire en année pleine un bilan de l'activité réelle dégagée par ce statut.
Selon les économistes, s'il est positif pour populariser "l'esprit d'entreprise" en France et constitue un bon moyen d'accroître ses revenus, ce nouveau régime n'est en effet pas conçu comme un remède à la crise ou au chômage.
Et pour ceux dont il constitue l'activité principale, le statut d'auto-entrepreneur, dont le chiffre d'affaires est plafonné, ne pourra être qu'un tremplin vers un régime plus classique.
L'auto-entrepreneur reste un succès incontestable en matière de créations d'entreprises, dopées par l'afflux des inscriptions qui représentent plus d'une création sur deux. Fort de cet engouement, le gouvernement a revu à la hausse son objectif de créations d'entreprises et en attend désormais 500.000 sur l'ensemble de 2009, contre 327.000 l'an dernier.
Reste à savoir si ce regain de jeunes entreprises, forcément fragiles, ne se traduira pas mécaniquement par une hausse des défaillances, qui devraient bondir de 20% cette année à la faveur de la crise.
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