21 septembre 2010

L’EIRL : un nouveau statut pour l’entreprise artisanale

De nouvelles dispositions concernant l’Entreprise à responsabilité limitée ont été présentées par le Conseil des ministres du 27 janvier 2010. Le statut de l’EIRL a ensuite été adopté par le Sénat le 5 mai de cette année. Ce projet de loi consacré à l’instauration d’un nouveau statut a pour but de mieux protéger les entrepreneurs individuels. Il fera l’objet d’une ordonnance sous six mois afin que l’EIRL puisse entrer en vigueur dès 2011.
Ces derniers engageaient jusqu’à présent la totalité de leur patrimoine pour répondre de leurs dettes professionnelles. Mais ce texte, attendu depuis plus de vingt ans par les artisans et les commerçants, instaure un nouveau régime juridique pour les entreprises, avec un objectif clair : permettre aux entrepreneurs individuels d’affecter une partie de leur patrimoine à leurs activités professionnelles, et ainsi protéger leurs biens personnels en cas de faillite. Ce nouveau statut permettra également d’établir une égalité de traitement avec les entrepreneurs en société pour investir et développer l’entreprise.
Les avantages d’un tel dispositif
Ce projet de loi repose sur un dispositif juridique innovant qui offre la possibilité à l’entrepreneur individuel qui le souhaite de déclarer au registre du commerce et des sociétés (pour les commerçants), au répertoire des métiers (pour les artisans) ou au greffe (pour les libéraux), la liste des biens affectés à son activité professionnelle. Il permet de séparer de manière étanche le patrimoine dédié à l’activité professionnelle du patrimoine personnel. Ainsi à partir du 1er janvier 2011, les artisans pourront protéger leur patrimoine personnel et le mettre à l’abri des créanciers en cas d’incident d’exploitation de leur entreprise.
En cas de faillite, les biens personnels des commerçants et des artisans ne pourront donc plus être saisis, comme c’est déjà le cas dans les sociétés (SA, SARL...). En matière de fiscalité, l’entrepreneur individuel, à responsabilité limitée, pourra choisir entre l’impôt sur le revenu ou l’impôt sur les sociétés. Le projet de loi met ainsi fin à la différence de traitement fiscal entre les sociétés et les entrepreneurs individuels. Et sur le plan social, l’entrepreneur individuel à responsabilité limitée continuerait à relever du régime social des travailleurs non salariés.
L’entrepreneuriat encouragé
Le régime de l’EIRL encouragera clairement la prise de risque et la création d’entreprises. Et encourager le travail et développer les talents, voilà les priorités du gouvernement. La France est en effet, un pays d’entrepreneurs, comme en témoignent les chiffres des créations d’entreprise publiés par l’Insee : 580 193 entreprises ont été créées en 2009. C’est 75 % de plus qu’en 2008  ! Le régime de l’auto-entrepreneur est pour beaucoup dans ces chiffres. Mis en place par Hervé Novelli, secrétaire chargé du Commerce, de l’Artisanat, des petites et moyennes entreprises, le statut de l’auto-entrepreneur permet aux salariés, chômeurs, retraités ou étudiants de développer une activité à titre principal ou complémentaire, pour accroître leurs revenus, avec des démarches très simplifiées et un régime fiscal avantageux. Il est donc tout a fait envisageable de croire que le projet de loi ajouté au statut de l’auto-entrepreneur multipliera le nombre d’entreprises. Dans le contexte économique actuel, c’est un facteur de croissance non négligeable.
Nassera Sfendla pour lepetitnicois.fr


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01 septembre 2010

EIRL : protection du patrimoine personnel des entrepreneurs

À partir du 1er janvier 2011, les entrepreneurs individuels, déjà en exercice ou lors de la création de leur activité, peuvent choisir le nouveau statut d’entrepreneur individuel à responsabilité limitée (EIRL), qui distingue le patrimoine professionnel du patrimoine personnel.
Des patrimoines séparés
Ce nouveau dispositif s’adresse à tout entrepreneur en nom propre, qu’il soit auto-entrepreneur, commerçant, agent commercial, artisan, exploitant agricole ou en profession libérale.
Il lui permet de protéger son patrimoine personnel en cas de faillite, en affectant à son activité professionnelle un patrimoine séparé de son patrimoine personnel, sans avoir à créer une société.
Est ainsi mis fin à la situation où les entrepreneurs individuels devaient répondre de leurs dettes professionnelles sur la totalité de leur patrimoine.
Le patrimoine affecté comprend l’ensemble des éléments matériels ou immatériels nécessaires à l’activité professionnelle, dont l’entrepreneur individuel est titulaire ou propriétaire :
  • biens (par exemple, l’équipement ou l’immobilier),
  • droits (par ex. droit au bail ou pas-de-porte),
  • obligations ou sûretés (par ex., gage, nantissement, hypothèque, privilège).
Un entrepreneur exerçant plusieurs activités distinctes pourra constituer un patrimoine d’affectation pour chacune d’elles (régime de pluralité de patrimoines affectés), à partir du 1er janvier 2013.
L’entrepreneur détermine les revenus qu’il verse dans son patrimoine personnel non affecté. Seul le patrimoine professionnel est éventuellement exposé aux poursuites des créanciers de l’entrepreneur, le patrimoine personnel bénéficiant d’une protection, tout en pouvant servir de gage pour des créances personnelles.
Cependant, en cas de fraude ou de manquements aux obligations fiscales, sociales ou comptables, la responsabilité personnelle du dirigeant est engagée. En cas de redressement fiscal ou social, le recouvrement des sommes dues s’applique à la totalité du patrimoine (personnel et professionnel).
Régime fiscal
Le régime fiscal de l’EIRL reprend celui de l’EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée), mais n’entraîne pas la création d’une personne morale.
C’est le régime de l’impôt sur le revenu, propre aux entrepreneurs individuels, qui s’applique par défaut. Le bénéfice réalisé par l’EIRL est alors imposable selon les règles applicables à la catégorie des revenus correspondant à la nature de son activité : BIC, BA, BNC.
Mais l’entrepreneur peut opter pour le régime fiscal des sociétés de capitaux (impôt sur les sociétés) sans être obligé de créer une personne morale. Attention, cette option est irrévocable.
Le bénéfice réalisé, après déduction de la rémunération du dirigeant, est dans ce cas imposé au taux réduit de 15 % jusqu’à 38 120 €, et 33,33 % au-delà, pour les PME dont le chiffre d’affaires hors taxe est inférieur à 7,63 millions d’euros.
Pour les auto-entrepreneurs qui optent pour le régime de l’EIRL, cette option n’a pas d’incidence sur leur régime fiscal, qui reste celui du régime micro BIC ou micro BNC, avec une imposition forfaitaire en pourcentage du chiffre d’affaires encaissé (versement fiscal libératoire) et au titre des cotisations sociales (micro social simplifié).
Régime social
Comme tout entrepreneur individuel, l’EIRL relève du régime social des travailleurs non salariés (TNS), qu’il ait opté pour l’impôt sur le revenu ou l’impôt sur les sociétés.
Le revenu pris en compte pour calculer les cotisations sociales (ce qui constitue l’assiette des cotisations sociales) correspond au revenu professionnel non salarié, qui est retenu pour le calcul de l’impôt sur le revenu. L’entrepreneur individuel cotise donc sur l’intégralité du bénéfice généré par son entreprise.
Si le régime fiscal n’a pas d’incidence sur le régime social, il en a cependant sur le mode de calcul des cotisations sociales dues par le chef d’entreprise.
  • Option à l’impôt sur le revenu : les cotisations sociales sont calculées sur le bénéfice imposable de l’entreprise, comme cela était déjà le cas pour les entrepreneurs individuels. Il existe des cotisations minimales en matière d’assurance maladie-maternité-indemnités journalières, de retraite et d’invalidité-décès. Des cotisations sont dues même si le résultat est négatif.
  • Option à l’impôt sur les sociétés : les cotisations sociales sont calculées sur le revenu d’activité pris en compte pour le calcul de l’impôt sur le revenu, donc sur sa rémunération, qui intègre la part des revenus de capitaux mobiliers supérieure à 10 % de la valeur du patrimoine affecté, ou à 10 % du bénéfice si ce dernier est supérieur au patrimoine affecté.
Attention, comme pour les autres travailleurs non salariés, les prestations sociales (droit à la retraite notamment) dépendent des cotisations effectivement versées.
Une comptabilité séparée du patrimoine affecté
Sur le plan comptable, l’activité professionnelle à patrimoine affecté fait l’objet d’une comptabilité autonome, avec notamment un compte bancaire exclusivement dédié à cette activité (compte bancaire professionnel).
La mention « entrepreneur individuel à responsabilité limitée » (ou simplement le sigle EIRL) doit accompagner la dénomination commerciale de l’entreprise sur tous les documents professionnels (devis, factures, etc.).
Les comptes annuels doivent être publiés au lieu du dépôt de la déclaration initiale d’affectation et valent actualisation de la composition et de la valeur du patrimoine affecté.
Comment se déclarer en EIRL ?
Pour constituer un patrimoine affecté, l’EIRL doit déposer une déclaration d’affectation au registre du commerce et des sociétés (RCS) pour les commerçants ou au répertoire des métiers (RM) pour les artisans. En cas de double immatriculation, le registre de publicité légale est choisi par l’entrepreneur individuel, avec une mention portée à l’autre registre.
Les personnes physiques qui ne sont pas tenues de s’immatriculer (professions libérales ou auto-entreprise par exemple) et les exploitants agricoles doivent effectuer cette déclaration auprès du greffe du tribunal du commerce.
La déclaration d’affectation doit comporter un état descriptif des biens, droits, obligations ou sûretés affectés à l’activité professionnelle, en nature, qualité, quantité et valeur.
Le dépôt de la déclaration est gratuit lorsque la déclaration est déposée simultanément à la demande d’immatriculation au RCS ou au RM. 
L’affectation professionnelle d’un bien immobilier doit être effectuée par acte notarié, ce qui implique paiement de frais de notaire, et publiée au bureau des hypothèques.

Source : http://pme.service-public.fr/
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